La Sphynxette.

Des textes d'heroïc-fantasy et de fantastique.

05 avril 2008

Gyrm, Saison II, Episode VI.

- Alors alors ? le pressa Kalagan (au sens figuré, hein. Non mais je précise…).

- Bah, c'est une Elfe, hein, précisa Gyrm au cas où Kalagan l'aurait oublié. Elle a fait que baragouiner des trucs qui n'ont pas le moindre sens. Elle a parlé d'un Château... euh... informe, et de l'enfant de la prophétie. D'ailleurs il faut pas qu'il rencontre le Guerrier Rose, t'comprends quelque chose toi ?

Kalagan poussa un soupir de désespoir.

- Ca doit forcément avoir un sens ! s'emporta-t-il. 

- On ferait mieux d'aller en parler à Naëlia, proposa Gyrm. S'y a quelqu'un qui peut comprendre les trucs des Elfes, c'est bien une Elfe !

Kalagan ne put qu'en convenir. Ils allèrent donc trouver Naëlia et lui rapportèrent les paroles de l'oracle.

- L'enfant de la prophétie, ça ne peut être que Lylia, déclara l'Elfe d'une voix rêveuse. Ma fille est exceptionnelle...

Gyrm se racla bruyamment la gorge.

- Tu as raison, ma chérie, s'empressa de dire Kalagan. Mais que penser du Château informe ?

- Hé bien c'est un château qui n'a pas de forme, voilà tout, résolut l'elfe.

- Wouah, pourquoi on n'y a pas pensé avant ? s'étonna Gyrm d'un air faussement ébahi.

Il s'apprêtait à en rajouter mais se tut brusquement, se rappelant que mettre Naëlia en colère était tout sauf une bonne idée.

- Comment est-ce qu'on va faire pour la retrouver ? se lamenta Kalagan. On ne sait même pas par où commencer !

- Une minute, intervint Naëlia. A la réflexion, cette histoire de Château informe m'est familière. Attendez-moi, je reviens.

Et elle s'éloigna en direction du coeur du village.

- Quoi oracle avoir dit ? demanda Plonk en les rejoignant.

Gyrm eut peur durant un instant - si l'orc s'intéressait à des trucs d'Elfes, peut-être que sa nouvelle apparence commençait à déteindre sur son esprit -, mais Plonk se cura le nez avec application la seconde suivante, et enfourna le résultat de ses recherches dans sa bouche, ce qui rassura le nain sur sa santé mentale. Kalagan lui résuma le contenu des dires de l'oracle, y ajoutant ses propres observations. 

- ... et si c'était moi qui s'était trouvé en face de cette vieille pie, je lui aurais fait craché tout ce qu'elle savait !

Plonk hochait la tête de temps à autre, ponctuant parfois d'un Plonk ! les remarques de l'archer. Wouf n'était pas en reste et grognait en cadence, faisant écho à son maître. Naëlia revint enfin, juste au moment où Gyrm pensait qu'il allait devenir fou s'il entendait un Plonk de plus.

- J'ai trouvé ! s'exclama-t-elle, l'espoir brillant dans ses yeux. Regardez, indiqua-t-elle en déroulant sous leurs nez un vieux parchemin moisi, le Château informe est mentionné deux fois, ici et ici !

- Mais oui, tu as raison ! s'enthousiasma Kalagan en parcourant des yeux le parchemin.

Plonk laissa échapper un Plonk sonore, témoignant de son incompréhension, alors que Gyrm grommelait :

- S't'écrit en elfique, j'pige rien moi.

- Le Château informe, au fond de la baie, sera le lieu de toutes les conjonctions... traduisit Kalagan. Et plus loin : lorsque la lune aura disparu, le Guerrier Rose et l'enfant de la prophétie s'affronteront dans les entrailles du Château informe...

- Lylia va affronter un guerrier ? s'inquiéta Naëlia, qui ne s'était intéressé qu'au Château lors de sa première lecture.

- Bah, s'il est rose, y sera pas bien difficile à battre, la rassura Gyrm. Sans doute un Elfe !

Curieusement, ses paroles n'obtinrent pas l'effet désiré : Naëlia avait maintenant l'air épouvantée. Mais pas autant que Kalagan qui avait atteint la fin du parchemin, lisant à une cadence de nain enfournant des bières à la taverne.

- Oh mon dieu ! s'horrifia-t-il. Où as-tu trouvé ce parchemin ?

- Il était dans notre coffre, il passe de génération en génération dans notre famille depuis des lustres, répondit l'Elfe. Pourquoi ?

- Tu ne l'as jamais lu, pas vrai ?

La peau de l'Elfe prit une légère teinte rosée.

- Non, avoua-t-elle. Que raconte-t-il ? C'est important ?

- Il annonce la Fin du Monde ! révéla Kalagan, et on entendait très bien les majuscules dans sa voix.

- Rien que ça ? se moqua le nain. J'pense qu'on pourra survivre alors.

- Kalagan faim ? grogna Plonk qui n'avait rien compris (comme toujours, hum).

- La Fin du Monde ? répéta Naëlia, ce qui augmenta encore la confusion de Plonk (- Na'lia aussi faim ???).

- Le combat de l'enfant de la prophétie contre le Guerrier Rose scellera l'accomplissement de la prédiction de Jhyvouarien, cita l'archer, et le monde disparaîtra, laissant place au Néant.

- C'est terrible... murmura Naëlia d'une voix blanche. La Fin du Monde...

- Hé, c'est des trucs elfiques tout ça, releva Gyrm. Une fois sur deux, c'est du baratin !

- Il suffirait que ce soit la mauvaise fois, laissa tomber Kalagan d'un air découragé.

Gyrm haussa les épaules.

- Moi aussi j'peux faire des prédictions, c'est pas parce que tu dis une chose qu'elle va forcément se réaliser ! Tiens, regarde... je prédis que... hum... des chaussettes vont me tomber sur la tête !

- Chausseeeeeettes ? fit Plonk en se grattant la tête.

Shplaf ! Une paire de chaussettes sortie de nulle part atterrit sur la tête du nain. Il y eut un silence. Un très long silence.

- Oui, bon, ça marche pas à tout les coups, hein ! s'énerva Gyrm - en plus c'étaient des chaussettes sales. Et puis, tu veux faire quoi contre la fin du monde ? Moi j'dis, on va chercher Lylia au Château informe, on met la pâtée au Guerrier Rose, et on rentre à la maison, vite fait bien fait !

- Plonk d'accord, grogna l'orc.

- Wouf wouf. (aboya Wouf - je précise au cas où vous suivez pas du tout)

- J'imagine qu'on peut faire ça, admit Kalagan.

- Quoi que vous rencontriez, promettez moi de ne pas laisser Lylia se battre, supplia Naëlia. Ce n'est encore qu'une enfant, elle n'est pas de taille contre un guerrier... même rose, ajouta-t-elle en voyant que Gyrm allait protester.

- C'est promis, ma chérie, lui assura Kalagan. J'affronterai moi-même ce Guerrier Rose s'il le faut.

- Si c'est un Elfe, l'est à moi ! le prévint Gyrm avec hargne - qu'il essaye de lui piquer son gibier, pour voir.

- Il est dit que le Château est au fond de la baie, remarqua Kalagan, je ne vois que la Baie des Six Trouilles qui correspondent. En plus, c'est un endroit très connu.

- Ha ouais, se rappela Gyrm, une fois j'ai été là-bas, et bah j'ai même pas eu peur !

- Hum, fit l'archer sans exprimer totalement ses doutes.

- Je ne vois que cette possibilité, acquiesça Naëlia alors que Plonk réagissait :

- Citrouilles ?

Gyrm prit l'orc à part pour lui expliquer que la Baie des Six Trouilles n'avait rien à voir avec des légumes, tandis que Kalagan faisait d'héroïques adieux à sa femme (si vous n'avez pas compris, je ne peux rien faire pour vous). Puis l'archer rejoignit le nain et l'orc, et ils repartirent une fois de plus au devant des ennuis.   

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22 décembre 2007

Feu et cendre, Prologue.

Le souffle du dragon la fit frissonner de la tête aux pieds. Dissimulée derrière un arbre, la jeune femme s'efforça de faire taire sa peur. Son coeur cognait tellement fort dans sa poitrine que le monstre allait certainement l'entendre. Maîtrisant sa respiration par un effort de volonté, elle se risqua à jeter un coup d'oeil et constata qu'il reniflait le buisson où elle s'était tapie un instant plus tôt. Son cavalier l'encourageait en murmurant des mots aux sonorités sifflantes, relevant la tête de temps à autres pour scruter les sous-bois.   

Elle se rejeta vivement en arrière pour se soustraire à son regard doré. Du cavalier ou du dragon, elle ne savait pas lequel elle craignait le plus. La bête était certes capable de la couper en deux d'une seule pression des mâchoires, mais le jeune homme qui la montait lui donnait envie de fuir le plus loin possible, sans qu'elle sache très bien pourquoi. Le pouvoir qui se dégageait de lui et l'assurance dont il faisait preuve étaient terrifiants, quoique curieusement familiers.

Elle ne l'avait pourtant jamais croisé auparavant, elle se serait assurément souvenu de ce visage d'oiseau de proie et de cette crinière flamboyante de cheveux roux. Alors comment expliquer qu'elle ait l'impression de le connaître ? Et pourquoi la traquaient-ils ? Elle n'était qu'une fille de ferme, elle n'avait jamais rien fait de mal... du moins rien qui puisse lui valoir d'être la proie d'un Chasseur. Avait-elle offensé les Dieux sans s'en rendre compte ? Non, confusément, elle sentait qu'il s'agissait d'autre chose. Le maître du dragon ne tentait pas de la tuer, il la voulait vivante, ce qui, en un sens, était bien plus inquiétant. 

Le dragon grogna soudain, ses yeux fixés sur le tronc d'arbre derrière lequel elle se cachait, comme s'il pouvait la voir malgré l'obstacle. Elle ressentit comme une décharge électrique et se rua en avant. Trébuchant sur le sol inégal, elle zigzagua entre les arbres. Elle redoubla d'efforts lorsqu'elle entendit un cri sauvage derrière elle : le cavalier l'avait repérée.

Le rugissement du dragon faisant écho à son partenaire la jeta à genoux. Le goût du sang envahit sa bouche, et pendant un court instant, elle se crut perdue. Mais non, le dragon était encore loin derrière elle, c'était la force de son cri qui l'avait trompé au point qu'elle l'imagine tout près. Elle se releva sans prêter attention à ses mains écorchées et poursuivit sa course, le coeur battant follement, le souffle court. Elle regarda par-dessus son épaule et s'aperçut que l'envergure du dragon le gênait dans sa course : il devait sans cesse slalomer entre les arbres et perdait du terrain. Revigorée par cette pensée, elle reprit espoir.

Elle courut encore quelques minutes jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et s'arrêta enfin en débouchant dans une clairière. S'exhortant au calme, elle trouva le courage de regarder aux alentours et ne vit nulle trace du dragon. Elle avait seulement gagné quelques minutes de répit. Une fois la traque débutée, un prédateur n'abandonne jamais sa proie : le Chasseur finirait par la trouver, tôt ou tard. Elle ferma les yeux, se mordit les lèvres. Elle ne pouvait pas se laisser attraper, elle le sentait au plus profond d'elle-même. Elle ne devait pas se laisser attraper. Plutôt mourir.

Plutôt mourir.

 L'idée qui jusque là semblait inconcevable lui apparut comme la seule solution. Sans pouvoir se l'expliquer, elle savait que l'homme aux cheveux de feu et son dragon signifiait bien pire que la mort. Une partie inconnue d'elle-même qu'elle avait toujours ignoré jusqu'à maintenant lui assurait non seulement que c'était le seul geste possible, mais aussi que c'était préférable, et de loin, à ce que le Chasseur comptait lui faire.

Avec des gestes fébriles, elle dégaina la petite dague dont elle se servait pour le dépeçage et éprouva son tranchant contre son pouce, qui se teinta aussitôt de rouge. Ce serait amplement suffisant. Le dos contre un arbre, elle pressa l'arme sur son coeur et eut soudain l'intuition que ce ne serait pas définitif, qu'elle aurait une autre chance. Une autre vie. Les ténèbres éternelles de la mort ne la concernaient pas. C'est avec le sourire aux lèvres qu'elle enfonça la lame dans sa poitrine.

Lorsque le dragon et son cavalier arrivèrent dans la clairière, il n'y avait plus qu'un petit tas de cendre au pied de l'arbre, que le vent acheva de disperser en une dernière bourrasque.

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12 novembre 2007

Gyrm, Saison II, Episode V.

- Quoi ? s’horrifia l’archer. Quand est-ce arrivé ?

- Un peu après votre départ, renifla Naëlia. J’avais laissé Lylia s’amuser au milieu des choux, je l’ai quitté du regard quelques instants, et soudain elle avait disparu ! Je l’ai cherché partout, sans résultat…

Ses yeux remplis de larme se portèrent sur le bel Elfe à côté de Gyrm.

- Qui êtes-vous ? Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré… remarqua-t-elle.

On voyait clairement qu’elle le soupçonnait d’avoir pris part à l’enlèvement de sa fille, et qu‘elle avait la ferme intention de le lui faire avouer. Ses soupçons s’évanouirent quand l’Elfe en question ouvrit la bouche.

- Plonk, dit-il en secouant la tête.

- Oh, je vois…

La jeune Elfe prit une grande inspiration.

- Kalagan, que va-t-on faire ? Je suis désespérée…

- Raux-Orh va nous arranger ça ! s’exclama Gyrm avec un sourire réjoui.

Joignant le geste à la parole, il écrasa le pied de Plonk, lequel éternua :

- Atchoum !

Wouf se mit à sauter sur place, couinant de joie. On se rappelait enfin son nom ! Bientôt tous comprendrait qui il était vraiment ! Le nain le ramena à la raison d’un coup de pied sur la truffe, alors que Kalagan demandait :

- Plonk, il faudrait que tu reprennes ton apparence d’orc… c’est très important, s’il-te-plait, fais-le.

L’Elfe prit un air ennuyé.

- Mais Plonk pas savoir comment faire !

- Evidemment, c’est un problème, admit Gyrm. Essaie de dire ‘Plonk veut orc’, pour voir.

L’Elfe obéit, laissant traîner le ‘o’ de orc plus qu’il n’était nécessaire. La seconde suivante, un orage éclatait et des trombes d’eaux s’abattirent sur eux, les trempant de la tête aux pieds malgré les arbres plutôt imposants de la forêt elfique.

- Ca va pas être simple, se lamenta le nain une fois qu’ils furent à l’abri de l’averse. Quoique, s’il dit bière… (Ses yeux se mirent à briller de convoitise.)

- Gyrm, c’est déjà assez difficile comme ça, ne complique pas la situation ! le sermonna Kalagan. Ma chérie, j’ai peut-être une idée, dit-il en se tournant vers Naëlia. Tu m’as parlé une fois de l’oracle de la forêt… est-ce qu’il ne pourrait pas nous aider ?

Naëlia fronça les sourcils.

- Je ne sais pas… Ca fait des années que personne ne l’a plus consulté… ses prophéties sont toujours très…

- Elfiques ? suggéra Gyrm (ce qui bien sûr voulait dire tordues).

- Etranges, termina Naëlia.

- Mais nous n’avons pas tellement le choix, fit remarquer l’Humain.

- Alors allons-y ! dit le Nain avec entrain.

Quelques minutes plus tard, il se maudissait pour ses paroles. Allons-y, allons-y… C’était avant de savoir que ce soit-disant oracle habitait en haut du plus grand arbre de la forêt ! S’il regardait en bas, il allait tomber, c’était sûr ! Il s’accrocha aux barreaux de l’échelle de corde (de la corde elfique, en plus, on ne pouvait que douter de sa solidité !) et s’obstina à suivre Kalagan. Enfin, les pieds de Kalagan.

Il aurait donné n’importe quoi pour être resté en bas, avec l’orc et le chien, mais il ne pouvait pas l‘avouer, sinon on aurait pu penser qu‘il avait peur. Lui, peur ? Haha ! Ridicule ! (Bon dieu, ce que c’est haut…)

- Et voilà ! s’écria l’archer au  terme d’une escalade périlleuse d’une demi-heure. On est arrivés !

Ils se tenaient sur une petite plate-forme en forme de feuille (Gyrm ricana en avisant ce détail. C‘est vrai quoi, de quoi ils auraient l‘air, eux les nains, si leurs plancher avait la forme d‘une chope de bière ?), et devant eux se trouvait la porte de l‘antre de l‘oracle. Elle était en bois blanc, et recouverte d‘inscriptions elfiques toutes plus mystérieuses les unes que les autres.

- C’est quoi ? demanda le nain. Des prophéties ? Des avertissements comme quoi quiconque pénètre ici court un grave danger ?

- Euh, non… ce sont… euh… ses tarifs, déchiffra Kalagan qui lisait maintenant parfaitement l‘elfique.

- Peuh ! commenta Gyrm.

Il avança la main pour frapper, mais la porte s’ouvrit avant qu’il n’en ait eu le temps. Il ne put s’empêcher de sursauter. Face à eux se tenait une très vieille femme, manifestement une Elfe - mais Gyrm avait des doutes car elle faisait la même taille que lui. Elle était entièrement vêtue d’ailes de corbeaux, apparemment arrachés à leurs propriétaires il y avait belle lurette (certaines perdaient leurs plumes), et portait un chapeau qui rappela à Gyrm la fois où il s’était assis sur un lapin par mégarde.

- Entrez, entrez, dit-elle avec un sourire édenté, je vous attendais…

Impressionné malgré lui, Gyrm obtempéra. Kalagan voulut le suivre, mais la vieille Elfe secoua la tête.

- Je suis désolée, messire l’archer, je n’accepte qu’un client par siècle. Attendez donc votre tour.

- Quoi ? s’indigna Kalagan. Mais enfin, il s’agit de ma fille !

- Je sais, répliqua l’oracle d’un ton qui n’admettait justement aucune réplique.

- T’inquiètes, lança le nain depuis l’intérieur, je vais lui arracher tous les renseignements possibles ! (Genre, où se trouve la plus grande réserve de bière du monde, et comment humilier un Elfe à coup sûr, pensa le nain pour lui-même.)

- Très bien, fit l’archer en se résignant. Je t’attends ici.

La porte se referma et Gyrm se retrouva seule avec l’oracle. La pièce était sombre, et particulièrement petite, remarqua le nain. Par ailleurs, une vague odeur de bière flottait dans l’air, ce qui n’était pas désagréable.

La vieille Elfe retourna s’asseoir derrière ce qui lui tenait lieu de bureau (un genre de tronc d’arbre sur lequel était posé toutes sortes d’objets : des cristaux qui luisaient dans l’ombre, des têtes miniatures de la plupart des espèces connues d’oiseaux, des queues de renard desséchées, des bouts de miroirs brisés, des statuettes de bois à moitié rongées par les souris, et quelques bougies qui fournissaient toute la lumière.) 

- Alors, fit le nain en prenant une chaise pour faire face à l’oracle. On va avoir beaucoup de choses à s’dire !

L’Elfe eut une moue amusée.

- Une seule question, vous pouvez poser.

- Hein ? C’quoi c’tt’arnaque ? se révolta Gyrm.

- Le règlement, je me dois de respecter.

- Le règlement impose aussi de parler à l’envers ?

Un hochement de tête affirmatif confirma ses soupçons. Bin voyons ! Pourquoi avait-il pensé que tout serait simple ! Une Elfe restait une Elfe, même moche et vieille. Bon, il avait droit à une question. Son estomac lui commandait de choisir la bière, mais son cerveau savait que Kalagan ne lui pardonnerait jamais. Et puis, il avait une histoire à raconter à Lylia, celle du sauvetage de ses parents, afin qu’elle puisse la transmettre à ses enfants, et qu’il devienne ainsi un héros parmi les Elfes ! 

Il n’hésita pas longtemps (à peine quelques minutes). Il passa ensuite un quart d’heure à trouver une formulation qui oblige l’oracle à lui fournir le plus d’informations possibles (parce qu‘il les connaissait, ces Elfes, tous les mêmes !), et se lança :

- J’veux savoir où s’trouve exactement et précisément Lylia, la fille de Kalagan et Naëlia !

- Dans les entrailles du Château informe, l’enfant de la prophétie se trouve, murmura l‘Elfe d‘une voix mystérieuse (copyright oracle).

- Quoi ? J’ai dit Lylia, j’pas parlé d’prophétie ! s’énerva le nain. Vous pouvez pas être claire pour une fois ? Et puis c’est où ce Château informe d‘abord ?

- La réponse à la question tu as obtenu. T’en dire plus je peux cependant, si le prochain voyageur rencontré sur le chemin dans ton équipe tu acceptes de prendre.

- C’est d’accord ! s’exclama le nain.

Ca ne lui semblait pas être un prix trop lourd à payer (enfin du moment qu‘il ne tombait pas sur le frère de Plonk), et de toutes façons il n’était pas obligé d’obéir (ce ne serait pas la première fois qu‘il roulerait une Elfe !).

- En aucun cas le Guerrier Rose l’Enfant de la Prophétie ne doit toucher, continua l’oracle.

- Et ? espéra Gyrm.

- C’est tout.

- J’aurais dû m’en douter !

Comme l’Elfe ne faisait pas mine de bouger, Gyrm se leva, bien décidé à claquer la porte en sortant, mais alors qu'il attrapait la poignée, l'oracle parla de nouveau :

- Ce sera un voleur.

Gyrm se retourna, complètement perdu.

- Hein ?

L'Elfe lui rendit son regard d'une façon impassible, sans rien ajouter. Excédé par son comportement, Gyrm sortit en claquant la porte si fort que tout l'arbre en trembla. Non mais !

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02 novembre 2007

Gyrm, Saison II, Epidose IV.

Cette fois, ils étaient de retour sur la terre ferme - toujours rose, au demeurant, mais on ne pouvait pas tout avoir. Gyrm en profita pour rajuster son pantalon et prendre une pose plus avantageuse.

- Bon, il se passe quoi, encore ? se plaignit-il la seconde suivante.

- Euh… balbutia Raux-Orh. Je suis désolé, Seigneur, je sais que j’ai commis une erreur, je vous en prie, soyez indulgent envers votre serviteur…

A l’instant où le nain allait s’exclamer : Bah, c’est rien, ça n’en fait qu’une de plus !, une voix terriblement aiguë lui vrilla les tympans :

- Et quelle erreur ! Pauvre petit misérable, te rends-tu compte de ce que tu as laissé faire ?

Gyrm se retourna, pensant avoir affaire à un(e) Elfe, ou une créature dans le même genre. Raté. Un immense démon tout en plis et en graisse les observait d’un œil furieux depuis un trône d’ossements. Plonk émit un râle d’envie devant ce si bel accomplissement (il rêvait en secret de devenir le premier orc obèse et ne désespérait pas d’y arriver). Wouf poussa un pitoyable gémissement.

Le démon releva un sourcil.

- Tiens, ne serait-ce pas un de mes admirateurs ? L’empereur Tchoum, si j’ai bonne mémoire… Amusant déguisement… Mais peu importe, là n’est pas la question ! se reprit-il avec véhémence alors que Wouf pleurnichait de désespoir (personne ne s‘intéressait donc à lui ? Il était pourtant le vrai héros de cette aventure !).

- Cette erreur… releva Kalagan (qui avait fini de s’inspecter pour vérifier qu’il était bien en un seul morceau), c’est si grave que ça ?

- Elle remet en question tout l’ordre cosmique ! s’indigna le démon rose sur un ton dramatique (quelque peu gâché par le timbre de sa voix, cependant). Rendez-vous compte, un dieu orc ! Les orcs ne sont pas fait pour ça ! Ce sont des guerriers, des combattants, des… Bref ! couina le démon en s‘apercevant qu‘on pouvait difficilement trouver plus de deux termes pour qualifier les orcs. C’est une véritable catastrophe !

- Attendez… fit Gyrm en fronçant les sourcils, c’quoi cette histoire de dieu orc ?

- Personne en dehors des Génies n’est censé connaître cette règle ! se lamenta le démon. Quand un mortel mange une âme, il devient l’égal d’un dieu ! Comment cet orc pouvait-il le savoir ?

La question s’adressait apparemment à Raux-Orh, mais ce fut Gyrm qui répondit :

- Il l’savait pas ! J’crois qu’il avait juste faim. Mais dites nous en plus sur ce statut de dieu…

Le nain jeta un coup d’œil à Plonk qui dodelinait de la tête en marmonnant quelque chose d’incompréhensible. Il ne voyait pourtant rien de différent chez l‘orc…

- Vous en savez déjà trop, contra le démon rose, et il gratifia Raux-Orh d’un regard sévère, lequel se recroquevilla littéralement.

- Est-ce que Plonk possède des pouvoirs maintenant ? tenta Kalagan. Est-ce qu’il peut faire les mêmes choses qu’un Génie ?

- Mais non ! s’énerva le démon. Enfin, si, mais pas comme vous l’entendez…

- Nous aussi on peut devenir des dieux ? s’informa Gyrm. Vous faites des promotions en ce moment ?

- Ne soyez pas ridicules ! s’emporta Rose-bonbon dans un couinement alors que Gyrm songeait qu‘il était très mal placé pour dire ça.

- Enfin, vous voyez bien que Plonk est un orc, plaida Kalagan. Il n’a pas l’intelligence nécessaire pour être… un dieu… ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs.

-  Z’avez pas un manuel pour les nouveaux ? Genre : comment gérer sa divinité en dix leçons ?

Le démon prit un air pensif.

- Mmh, c’est possible… Je ne me souviens plus exactement, ça fait tellement longtemps que j’ai été admis à ce rang…

- Faites un effort ! dit Kalagan en frappant dans ses mains.

Après une longue minute de réflexion, le démon annonça :

- Il y avait quelque chose comme… trois règles d’or…

- Oui ? l’encouragea l’archer.

- Premièrement… ne pas changer sa zarbuk pour une prétorial.

- Bien sûr, c’est évident, lança Gyrm alors que le démon poursuivait :

- Deuxièmement… éviter toute confrontation avec un autre dieu.

- J’pense pas qu’il y ait de risques de ce côté-là… on rencontre pas des dieux tous les jours.

- Et enfin… termina Rose-bonbon, il y a un mot à ne jamais prononcer… mais lequel est-ce ? Je ne sais plus…

- Comment ça vous savez plus ? Un dieu qui a un trou de mémoire ? Haha, ri-di-cule !

Kalagan lança au nain un regard sévère.

- Gyrm, laisse-le réfléchir.

- Bah, inutile ! Ca doit être le dieu d’la graisse, et son cerveau a disparu d’dans depuis longtemps !

- Ca suffit ! postillonna le démon rageusement. Raux-Orh, emmène les loin d’ici, et que je ne te vois plus sur mon territoire ! Tu es banni des Enfers Dévastés ! Maintenant, hors de ma vue !

- Bien Seigneur, obtempéra l’Effrit, couvrant les exclamations de Gyrm qui insultait copieusement le démon.

- Sale face de bonbon rose ! hurla-t-il un instant plus tard à la face d’un Elfe, lequel prit une expression indigné et répondit par un geste vulgaire que je ne décrirais pas ici. Oh, zut, ajouta le nain quand il s’aperçut qu’ils étaient de retour dans la forêt.

Kalagan s’approcha de Plonk tout doucement et lui demanda :

- Tout va bien, Plonk ? Tu ne ressens rien d’inhabituel ?

L’orc fit la moue et se gratta le ventre.

- J’ai faim.

- C’normal ça, grogna Gyrm, déçu de ne pas être devenu un dieu (il le méritait plus que Plonk en plus !). Ptet que c’était une blague de Rose bonbon après tout ! ajouta-t-il avec espoir. N’est-ce pas Raux-Orh ?

Silence.

- Raux-Orh ?

Gyrm se tourna dans tout les sens, mais il ne vit nulle trace de bleu fluo. L’Effrit avait apparemment décidé qu’il était temps d’aller voir ailleurs.

- Grrrmbl, conclut le nain.

- Plonk voudrait un Elfe, lança l’orc d’une voix traînante (cette phrase étant bien sûr l’aboutissement du J’ai faim prononcé une minute plus tôt).

Un nuage de vapeur vert caca d’oie entoura soudain l’orc, le cachant aux regards, et lorsqu’il se dissipa, il révéla… un Elfe. Un Elfe aux traits altiers, à l’allure noble, à la chevelure scintillante… un Elfe, quoi. Sauf que…

- Plonk, dit l’Elfe.

Gyrm roula des yeux, affolé. Un orc dans le corps d’un Elfe ! Si être un mangeur de salade était le prix à payer pour être un dieu, il était content de ne pas en être un, finalement.

- Mmh… fit Kalagan en se grattant le menton. On dirait que les pouvoirs d’un dieu ne sont pas si faciles à contrôler.

- Plonk sentir bon maintenant ! s’enthousiasma l’orc.

- Tout dépend du point de vue, répliqua Gyrm. Je te préférai vert et puant, au moins c’était une puanteur honnête, si tu vois ce que je veux dire.

Plonk s’examina de la tête aux pieds et fit un large sourire au nain.

- Plonk rester comme ça !

- Vous êtes revenus !

Naëlia courait vers eux, apparemment soulagée de les voir. Gyrm plissa les yeux. Son sixième sens de nain (enfin, septième sens, le sixième consiste à détecter la bière à dix kilomètres à la ronde) l’avertissait qu’une autre catastrophe allait encore lui tomber dessus.

- Oh, Kalagan ! sanglota l’Elfe en se jetant dans les bras de l’archer. C’est horrible !

Toutes nos réserves de légumes ont disparu, termina le nain dans sa tête.

- On a enlevé Lylia !

Ah non, raté.




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18 octobre 2007

Gyrm, Saison II, Episode III.

Haaaaaaaaaaaaa ! Noir, noir, noir ! Plooonkkkk peuurrrrr !!

— Plonk tais-toi tu vas nous faire repérer ! s'écria Gyrm.

— Ploooonk vouloir luuumièèrreeee, vouloirrrrr luuumiièèèrrreeeee !

— Maître, est-ce un ordre ? interrogea calmement Raux-Orh.

L'orc se remit à crier de plus belle.

— Je suppose que non, dit l'Effrit à mi-voix.

— Mais vous savez bien que si ! hurla Kalagan pour se faire entendre. Obéissez, bon sang !

— Non, je ne crois pas que ce soit un ordre, s'obstina le génie. Vraiment.

— Plooooonkkkk un oooorrddreeeee !

— Bien, ô Maître.

Il y eut soudain de la lumière (bleu fluo, ça faisait mal aux yeux, mais bon, au moins on y voyait quelque chose), et l'orc s'arrêta de crier. Gyrm regarda autour de lui, s'attendant à être assailli par les morts-vivants à tout instant. Mais la grotte était vide. Vide comme l'estomac de l'orc qui grognait maintenant aussi fort qu'un sanglier a qui l'on arrachait les... défenses. Hem.

- Ha, y a personne ! constata le nain.

- Tiens, j’avais pas remarqué, ironisa Kalagan.

- Comment on fait, alors ?

- Plonk faim.

- C’est pas le moment, Plonk, le sermonna l’archer. On a un problème là.

- Quoi problème être ? Si Plonk résoudre, pouvoir manger ?

Gyrm ricana. Ainsi l’orc pensait être plus intelligent que lui et l’Humain réunis ! Haha ! Enfin que lui, parce que bon… l’Humain.. Il comptait un peu pour du beurre vu ce qu’il apportait. Ahem.

- La grotte de Nécro est vide, tu vois Plonk ? indiqua Kalagan. Alors si tu sais où le trouver, faudrait nous le dire.

L’orc eut un instant l’air égaré, puis un rusé sourire (oui je sais le mot rusé fait un peu bizarre en parlant de Plonk…) naquit sur ses lèvres.

- Trouveeerrr Nécrooo ! hurla Plonk.

- Où ça ? voulut dire Gyrm, mais il n’en eut pas le temps.

Il y eut un Ploc, suivi d’un BOUM, et ils se retrouvèrent dans un endroit étrange. C’était une sorte de plaine battue par les vents, qui s’étendait aussi loin que portaient leurs regards. Mais quelque chose clochait. En fait, trois choses.

Tout d’abord, tout était rose. Le sol, les herbes, les arbres, le ciel… même nos compagnons arboraient pour l’occasion une jolie couleur rose. Mais pas du rose gentil, style Elfe adolescent (et adulte, aussi, hem…). Non. Du rose lourd. Genre Narnie mon amie, la poupée préférée des petites humaines friquées. Cette couleur parut éveiller un souvenir chez Wouf et il se mit à hurler à la mort. Un coup de pied bien placé de Gyrm le fit taire.

Ensuite, ils flottaient dans les airs. Pour Raux-Orh, c’était un peu normal, mais Gyrm n’avait pas l’habitude d’être suspendu à quatre mètres du sol. La tête en bas, en plus. Et il perdait son pantalon ! (Les pantalons des nains sont larges. Très larges… bah oui les poches à bière ça prend de la place…) Vite, il sifflota d’un air dégagé pour détourner l’attention.

Et troisièmement… ils n’étaient pas seuls. Mais alors vraiment pas. Il y avait du monde partout. Partout ! En bas, en haut, à gauche, à droite, sous leurs chaussures… Gyrm était littéralement écrasé, pressé de toutes parts par des corps non identifiés. Inanimés aussi, heureusement pour le nain qui était maintenant en caleçon (très joli, rose avec des petites haches brodées).

- Raux-Ooooooorh ! hurla-t-il. Génie de pacotille !

- Ha, pardon, mais je n’ai fait qu’obéir, s’indigna l’Effrit.

- Ha oui ? Et il est où, Nécro, hein ?

- Ici, indiqua vaguement le Génie. Parmi ces quelques milliers d’âmes.

Une voix s’éleva de… bah, quelque part.

- Plooonk faim… pouvoir manger maintenant que Nécro trouvé ?

- Plus tard, grogna Gyrm.

- Où est-on, au juste ? s’enquit Kalagan. Je…. Chmmmbbbb…

Le reste fut incompréhensible, pour cause de collision avec un corps poussé par le vent.

- Dans les Enfers Dévastés, bien sûr ! répondit le Génie. Vous voyez, quand je vous disais que les brochures publicitaires sont grandement exagérées ! Leur rose est totalement démodé !

- M’serais bien passé de la preuve ! Bon, ça veut dire que Nécro est mort ?

- Oui, confirma l‘Effrit. Son âme flotte paisiblement parmi celles des autres… en attendant d’être dévoré par un quelconque génie attiré par une brochure mensongère…

- Vous mangez les âmes ? releva Kalagan avec dégoût (il avait réussi à dégager assez sa bouche pour pouvoir articuler correctement).

- Oui. Les Enfers Dévastés constituent d’ailleurs un bien piètre garde-manger…

A cet instants, les nerfs de Plonk, déjà rudement éprouvés par tout ce vocabulaire culinaire, lâchèrent.

- Mannggeeeeerrrrr !! hurla-t-il de toute la puissance de ses poumons, et il se jeta sur un corps qui passait.

Ouvrant une grande bouche garnie de dents rosâtres (tout est rose, souvenez-vous), il arracha un gros bout d’âme et entreprit de le mâcher. Puis il déglutit.

- Noooooon ! se lamenta Raux-Orh.

Mais il était trop tard. Il y eut de nouveau un Ploc, encore un BOUM, et ils se retrouvèrent ailleurs.


Posté par Elfae à 15:21 - Gyrm, le nain. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 octobre 2007

Scribe pour dragon - une histoire dont vous êtes le héros.

 

Avant de commencer l'aventure, vous pouvez choisir un pouvoir spécial - un seul. Ce n'est pas obligatoire (vous pouvez terminer l'aventure sans avoir de pouvoir), et il n'est même pas certain que ça vous aidera. Si vous en choisissez un, vous devrez également choisir un handicap. Vous pouvez aussi choisir seulement un handicap (si vous aimez souffrir).


Pouvoirs :

- Survivre à un éternuement de dragon.

- Survivre avec la nuque brisée.

- Savoir dire Fromage dans dix langues différentes.

- Sentir le danger approcher.


Handicaps :

- Devoir répondre "Oui" à toutes les questions qu'on vous pose.

- Ne pas savoir écrire correctement.

- S'appeler Kevin.

- Etre obsédé par la cuisine.


1 )

- J'aimerais écrire un livre, vous dit le dragon.

Vous lui souriez d'un air engageant. Il faut toujours être poli avec un client. Même si c'est un dragon. Surtout si c'est un dragon. Soyons clairs : vous n'avez pas l'habitude d'avoir affaire à ce genre de bestioles. D'habitude, ce sont plutôt les elfes qui font appel à vous, pour rédiger leurs Mémoires, ou les lutins, pour noter des recettes de cuisines. Mais un dragon, jamais. Cependant, un client est un client, et comme vous êtes un scribe professionnel, vous allez l'écouter jusqu'au bout.

- Ou plutôt, un mode d'emploi, rectifie l'immense créature. Sur la manière de se comporter avec nous autres dragons.

A ce moment-là, il baisse la tête vers vous, l'air d'attendre un commentaire. 

Vous pouvez :

Lui dire que c'est une excellente idée => Allez au 2)

Lui demander s'il ne veut pas plutôt écrire un manuel de cuisine (si vous avez pris le handicap sur la cuisine, vous êtes obligé de choisir cette option) => Allez au 3)

Faire volte-face et quitter les lieux sur le champ : vous avez mieux à faire que de vous occuper d'un dragon, après tout ! => Allez au 4)


 

2)

- C'est une bonne idée, dites-vous sincèrement (ou presque). Les dragons sont des créatures incomprises, il y a un marché à saisir sur les manuels d'explications. Une idée de titre ?

Gggrrrrrrrrmmmmmmmmmmmmm...

Vous levez la tête vers le ciel, certain d'avoir entendu l'orage. Reprenez-vous, voyons ! C'est le dragon qui réfléchit. Cessez d'afficher cet air stupéfait et ayez l'air sérieux. Voilà. C'est mieux.   

- Je pensais à quelque chose comme : Mille et une façons de traiter avec un dragon, par l'illustre Sarvhneurifvhneuiiosqjd.

Vous écrivez : Sarv... Sarv quoi déjà ?

Vous pouvez :

Lui suggérer de prendre un pseudonyme => Allez au 5)

Tenter d'écrire son nom en entier, de mémoire => Allez au 6)

Lui demander de répéter => Allez au 7)


 

3)

- Pourquoi pas... grogne-t-il, l'air un peu surpris. Oui, il est vrai qu'au fond de moi j'ai toujours voulu devenir un grand chef... Très bien, écrivez ! La première recette s'intitulera : Côtes humaines au jus de cerveau.

Vous pouvez :

Protester en disant que vous ne pouvez pas écrire de telles choses => Allez au 11)

Prendre sur vous et retranscrire les délires culinaires du dragon => Allez au 12)


 4)

A peine avez-vous tourné les talons qu'un souffle de feu vous carbonise. Il ne faut jamais tourner le dos à un dragon. Jamais.

 Retournez au 1), petit malpoli !


5 )

 - Que diriez-vous de prendre un pseudonyme ? proposez-vous. Sarv ?

Le dragon fronce les sourcils et vous craignez un instant d'être carbonisé par une langue de feu. Mais :

- Un pseudonyme ! s'exclame-t-il. Brillante idée ! Je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé avant.

- Par l'illustre Sarv... marmonnez-vous tout bas en arrangeant la boucle de votre V. Très bien, allons-y pour la préface.

- La pré-quoi ? demande le dragon.

Vous pouvez :

Lui expliquer ce qu'est une préface. Vous savez ce que c'est une préface, n'est-ce pas ? => Allez au 8)

Passer directement au chapitre un => Allez au 9)


6)

Vous écrivez : Sarvnouivéfkijéd.

Le dragon se penche sur votre travail et fronce les sourcils. La seconde suivante, vous ne sentez plus vos mains. Vous baissez les yeux et constatez que vous n'avez plus de mains. Le dragon les a carbonisé en même temps que le parchemin. Ne jamais faire de faute d'orthographe sur le nom d'un dragon.

Voyez le bon côté des choses : vous n'êtes pas mort. Malheureusement, vous ne pourrez plus jamais exercer le métier de scribe.

Retournez au 1) pour faire d'autres choix.


 

7)

- Sarvhneurifvhneuiiosqjd, répète docilement le dragon.

Moui. Vous voilà bien avancé.

Vous pouvez :

Retourner faire un autre choix au paragraphe 2) => Allez au 2)

Lui faire répéter encore une fois => Allez au 10)


 8)

- Une préface, dites-vous, c'est une sorte d'adresse au lecteur, qui expose les raisons pour lesquelles vous avez écrit le livre.

- Oh, je comprends ! s'exclame le dragon. Alors, euh, écrivez... Moi, Sarv, Dragon de troisième cycle, j'ai constaté certains problèmes de compréhension entre mon espèce et les humains. Dans ce livre, vous trouverez les clefs pour les résoudre. J'espère que grâce à lui, l'harmonie régnera bientôt entre les deux côtés. Si vous vous demandez pourquoi ce projet me tient tant à coeur, c'est parce que...

Une heure plus tard, vous en êtes encore à la préface. Le dragon ne s'arrête plus, discourant sur sa vie et ses divers tracas. Lorsqu'il en arrive à la nièce de sa soeur qui ne vole pas droit à cause de son aile gauche cassée, vous poussez un soupir. L'immense créature se stoppe en plein milieu de sa phrase pour vous regarder, l'air intrigué.

 Vous pouvez :

Profiter de ce temps mort pour lui rappeler qu'une préface est seulement une préface, et qu'elle doit donc être relativement courte => Allez au 13)

Vous excuser et le laisser poursuivre => Allez au 14)

 Demander des précisions sur la nièce de sa soeur => Allez au 15)


 9)

- Non, je veux savoir ce qu'est une pré-face ! ordonne le dragon d'une voix tonnante.

Vous feriez mieux d'obéir.

 Vous décidez soudain que vous avez très envie d'expliquer au dragon ce qu'est une préface => Allez au 8.

Vous ne savez pas ce qu'est une préface ou vous n'avez pas envie de perdre votre temps à le lui expliquer=> Allez au 11)


10)

Le dragon éternue. Vous êtes mort.

 Retournez au 1), ou si vous avez pris le pouvoir Survivre à un éternuement de dragon, allez au 7) et faites un autre choix.


11)

Le dragon se fâche. Vous êtes mort. Vous auriez dû vous renseigner avant d'accepter le boulot : les dragons sont des créatures très susceptibles.

Retournez au 1) en gardant ce fait à l'esprit.


 12)

 Mille façons de cuisiner les humains est un best-seller qui reste au sommet des ventes durant six mois. En tant que scribe officiel de l'auteur, vous accumulez assez d'argent pour prendre votre retraite dans les Iles du Sud. Vous voilà riche et célèbre ! Malheureusement, votre tête est mise à prix dans tout les royaumes pour incitation au cannibalisme. Vous ne pouvez plus vous montrer en société et vivrez caché dans une grotte pour le restant de vos jours. Vous devenez fou.

 Si vous avez pris le pouvoir Savoir dire Fromage en dix langues différentes, vous êtes désormais connu sous le nom du Fou au Fromage.

 Vous pouvez retourner au 1) et faire d'autres choix pour vous éviter ce triste sort.


 13)

- Vous avez raison, reconnaît le dragon. Dorénavant, je vais tâcher d'aller à l'essentiel.

Vous hochez la tête et vous appliquez à écrire les chapitres les uns après les autres sous la dictée de la créature.

- Et finalement... le dernier chapitre ! déclare le dragon après un long moment.

- Le dernier ? répétez-vous d'un ton...

 Etonné => Allez au 16

Soulagé => Allez au 17

Neutre => Allez au 18


 14)

Lorsque le dragon en arrive enfin au Chapitre un, vous êtes mort de vieillesse. Vous auriez dû vous souvenir que sur l'échelle du temps, la vie d'un humain n'est qu'une seconde comparée à celle d'un dragon.

 Rendez-vous au 1)


 15)

- Elle s'est cassée l'aile lors d'un atterrissage raté, vous informe le dragon. Ca c'est ressoudé depuis, mais elle vole toujours de travers. Tenez, regardez, c'est elle là-bas.

Vous levez la tête vers le ciel et apercevez un truc qui zigzague au-dessus de vous. Qui descend même. Et plutôt vite. Courez donc, triple idiot !

 BOUM !

 Trop tard. Vous n'êtes plus qu'une crêpe sous un dragon qui n'a toujours pas appris à atterrir.

 Retournez au 1) (Si vous aviez pris le pouvoir Sentir le danger approcher, vous l'avez senti, mais trop tard.)


16)

Votre étonnement n'a pas échappé au dragon. Il lève un sourcil et demande :

- Vous pensiez qu'il y en aurait plus ?

Si vous répondez "Oui", allez au 20)

Si vous répondez "Non", allez au 20)

(Bon bah allez au 20), qu'est-ce que vous attendez ?)


17)

Votre soulagement n'a pas échappé au dragon. Il découvre ses crocs et gronde :

- C'était trop long pour vous, c'est ça ?

Si vous répondez "Oui", rendez-vous au 19)

Si vous répondez "Non", rendez-vous au 20)


18)

- Le dernier, confirme le dragon.

 (Non mais franchement, vous pensiez gagner quoi en prenant un ton neutre ?) Rendez-vous au 20).


 19)

Vous êtes mort. Je ne précise pas comment, vous devez sûrement le savoir vu le nombre de fois où vous êtes mort depuis le début.

Retournez au 1).


 20)

- C'est le chapitre le plus important ! annonce le dragon. Il s'intitule : Le vent se lève. Et il tient en une phrase : Ne jamais se tenir entre un dragon et le vent.

Vous froncez les sourcils.

- Pourriez-vous détailler ? demandez-vous. Je suis sûr que pour un dragon cela fait sens, mais mon pauvre cerveau humain a un peu de mal à comprendre.

- Le vent nous appelle, déclare le dragon. C'est comme une chanson, si vous voulez, ou une danse. La magie du vent coule dans nos veines, irrigue tout notre être. Lorsqu'il se lève, on ne peut pas lui résister.

- Mais il y a du vent, là, faites-vous remarquer.

Le dragon écarquille les yeux.

- Mais oui, c'est vrai ! s'exclame-t-il.

Il ouvre ses ailes, ce qui provoque une mini tornade à votre échelle, et vous vous rendez compte qu'il s'apprête à décoller.

 Prenez une pièce. Lancez la.

Si c'est face, allez au 21)

Si c'est pile, allez au 22)

Si elle tombe sur la tranche, vous avez triché. Allez au 23)


 21)

Le battement des ailes du dragon vous déséquilibre. Vous tombez en arrière, et votre nuque heurte malencontreusement le rocher derrière vous. Le dernier son que vous entendez est celui de vos vertèbres qui se brisent. Vous êtes mort.

 Retournez au 1), sauf si vous avez pris l'option survivre avec la nuque brisée, auquel cas  allez au 22).


 22)

Vous survivez. Le livre de Sarv se vend comme des petits pains, et les relations entre dragon et humains s'améliorent considérablement (le nombre de tués par mois passe en dessous de la barre de la dizaine de milliers). Et en plus, vous êtes riche (sauf si vous vous appelez Kevin - vous pensiez que ce n'était pas un gros handicap, hein ?).

Félicitations ! Vous avez triomphé de tous les pièges de cette aventure.


 

23)

Haha ! Vous pensiez vraiment que tricher vous apporterait la réponse ? Hé bien non.

 Ne retournez pas au 1). Prenez votre âge, et allez au paragraphe correspondant. Si vous avez 23 ans, pas de bol, vous êtes coincé ici (rendez-vous dans un an). Si vous avez plus de 23 ans, prenez un nombre au hasard entre 1 et 23.

Posté par Elfae à 17:47 - Nouvelles en vrac. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 septembre 2007

Le sang est plus épais que l'eau.

- Je vous offre un verre, prince Kayne ?

- Non merci, répondis-je. Et je ne suis pas prince, du moins pas encore.

Le vampire m'adressa un sourire qui découvrit ses canines. Il déboucha la carafe de cristal et l'odeur du sang monta aussitôt à mes narines.

- Vous manquez quelque chose, c'est un grand cru... 

- Je vais m'en tenir à l'eau pour le moment, dis-je courtoisement.

- Le sang est une liqueur tellement plus noble...

Il examina le contenu du verre à la lumière du soleil couchant, haussant légèrement les sourcils.

- Un excellent cru, vraiment... Regardez, il est très clair, presque exempt de déchets... La victime était sans doute très jeune.

Il me tendit la coupe de cristal et je feignis de m'intéresser à sa couleur en l'élevant à hauteur de mes yeux.

- En effet, dis-je en la lui rendant. Mais je préfère tout de même l'eau. Le sang a, de mon point de vue, quelques sérieux désavantages.

- Ah oui, lesquels ? s'enquit le vampire entre deux gorgées.

- Hé bien, le goût, pour commencer. Très amer, et ça laisse la langue pâteuse.

- Un détail, opposa le vampire avec un haussement d'épaules.

- Ensuite, la consistance. Vous connaissez le dicton...

- Le sang est plus épais que l'eau, termina-t-il avec un sourire. Oui, j'ai conscience de ces défauts... mais je ne les considère pas comme tels.

- Oh, il m'en reste encore un à porter à votre attention, fis-je en lui retournant son sourire. Il se trouve que l'un des poisons les plus fulgurants en ce monde, le sheiti, se dissout remarquablement bien... dans le sang.

Le vampire me regarda sans rien exprimer durant une seconde, puis le sens de mes paroles l'atteignit et ses yeux s'écarquillèrent. La coupe de cristal se brisa en tombant sur le sol. Il ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit. Une seconde plus tard, il s'écroula à mes pieds, foudroyé par le sheiti.

 - Voilà pourquoi je préfère l'eau au sang, terminai-je aimablement.

Posté par Elfae à 14:20 - Drabbles. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2007

Gyrm, Saison II, Episode II.

Bonjour Gy-gyrm ! s'écria la petite Elfe d'une voix flutée.

— Gnnnn, fut la seule réponse du nain.

— Papa et Maman m'ont dit que tu leur avais sauvé la vie plein de fois ! repartit Lylia. C'est vrai, dis ? Raconte !

— Bien sûr que c'est vrai ! se rengorgea Gyrm. Sans moi, tes parents ne seraient plus là, et tu n'existerais même pas. Ce qui serait ptet pas plus mal... ajouta-t-il tout bas.

Lylia lui tira sur la barbe en riant. Gyrm fit de gros yeux, espérant avoir l'air méchant, mais il réussit seulement à avoir l'air pathétique. Pour finir, il repoussa doucement la petite Elfe et se releva, essayant de conserver sa dignité.

— Hum, fit-il en apercevant tous les regards braqués sur lui. Bon, et qu'est-ce qu'on fait pour les choux ? (Comme s'il en avait quelque chose à faire, haha !)

Naëlia leva un sourcil.

— Tu veux dire, comment fait-on pour réparer ton erreur ?

— Mon erreur ? grogna le nain. Parce que c'est ma faute maintenant si vos trucs sont potables niveau goût ?

— Mais oui, confirma l'Elfe.

— Ha, j'aimerais bien voir ça !

Gyrm croisa les bras et prit un air sérieux.

— Voyons voir... fit Naëlia. Qui a laissé le Nécromancien en vie ? Enfin... en mort... bref.

— J'vois pas l'rapport, se défendit le nain, et en plus c'est Kalagan qui a pas voulu le tuer !

— Quoi ? s'indigna l'Humain. Mais enfin pas du tout ma chérie ! poursuivit-il sous le regard inquisiteur de l'Elfe.

— Quoi qu'il en soit, trancha cette dernière, ces légumes sont son oeuvre.

— Et comment vous le savez ? interrogea Gyrm, toujours sceptique. (En fait il avait complètement oublié le Nécromancien et essayait désespérément de gagner du temps pour se souvenir du bonhomme. Il n'y avait pas eu de bière en jeu, sinon il s'en serait souvenu, ça il en était sûr, mais pour le reste... hem...)

— La nuit où on s'est aperçu que les choux étaient comestibles, on a trouvé ceci avec.

Elle lui tendit une bout de papier tout vert qui empestait furieusement le choux. Gyrm le lut rapidement.

Cher Toutes et Tous, puissent ces choux vous éclairer sur le chemin de la vérité. Que leur puissance gustative soit toujours avec vous ! Non, inutile de me remercier, vraiment.

Et c'était signé : Nécro l'Ancien.

— Quelle feuille de choux ! s'énerva Gyrm en jetant le papier à terre.

— C'est le cas de le dire, observa Kalagan.

— On aurait dû le tuer quand on en a eu l'occasion ! Pourquoi tu m'en as empêché, hein, Kalagan ? fit le nain en jetant un regard mauvais vers l'archer.

— Mais pas du tout, je....

— Suffit !

La voix de Naëlia avait claqué comme un fouet. Ha non. En fait, elle avait un fouet à la main. Ça explique tout. Un vrai fouet, genre.... genre vous voyez quoi. Gyrm recula prudemment.

— Ma chérie... tenta Kalagan.

Le regard de l'Elfe se posa sur lui et il se tut immédiatement.

— Je compte sur vous pour régler ce problème, déclara-t-elle doucement. Et vite. Sinon...

Elle fit claquer le fouet d'un air menaçant.

— Bien sûr... déglutit Kalagan. Reste ici avec Lylia... on s'occupe de tout... et euh... on part sur-le-choux... euh, le champ...

— Ploonnk ! appela Gyrm. Viens par là, on va rendre visite à un vieil ennemi !

— Quoi quoi quoi Plonk taper ??? s'enthousiasma l'orc.

— Sans aucun doute, approuva l'archer. Appelle Raux-Orh pour qu'il nous téléporte.

— Encore ? marmonna Gyrm.

— A moins que tu ne préfères faire le voyage à pied... un mois sans la moindre goutte de bière...

La voix de Kalagan avait quelque chose de menaçant.

— Ha vu comme ça... capitula le nain.

Ils employèrent tout leurs efforts à faire éternuer l'orc pendant que Naëlia tapait du pied. Finalement, ce fut Lylia qui en écrasant les orteils de Plonk par mégarde (enfin…), déclencha le Ssschhoupokjrhnjzgfruiiit ! salvateur, leur épargnant le supplice du fouet.

— Plonk vouloir aller dans grotte de Nécro ! ordonna l'orc avec empressement.

— Crotte de nez ? répéta le génie qui était un peu dur d'oreilles.

— Mais non ! La grotte de Nécro ! hurla Gyrm avec impatience. (Le fouet venait encore de claquer.)

— Ça y ressemble, tout de même... maugréa l'Effrit.

Il claqua des doigts, il y eut le coup de tonnerre habituellement inutile (inutilement habituel ?), et ils se retrouvèrent dans le noir le plus complet.

— Euh, y a quelqu'un ? hasarda Gyrm.

Un hurlement effroyable lui répondit.

Posté par Elfae à 13:53 - Gyrm, le nain. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2007

Google powa.

Je vais finir par créer une catégorie spéciale pour ça. :p

"Qu'est-ce qu'un drabble" => Deux résultats, et comme par hasard je suis en deuxième. :'(

dessin tatouage humour dragon qui glisse dans le dos => J'aimerais bien voir ce dessin. O_o

elle tourna 37 fois sa langue => Ca fait beaucoup 37 fois non ? :p

moitié muscle moitié creme => Mais de quoi il parle là ?

comment invoquer un demon des abimes => Pas sûre que ce soit une bonne idée...

griffes noircies chez le lapin => Faut les lui couper s'tout.

fourrure la vengeance viendra un jour => Ceci était un message du CAF (Club des Animaux à Fourrure), merci de votre attention.

tuer en  language  orc => Au hasard : Groumpf ? Ha non, ça c'est 'manger' pardon.

signification de Kalagan => C'est un synonyme de dieu. :o

poireau magique => Franchement, c'est quoi cette recherche ? Je croyais que j'étais la seule à être assez timbrée pour inventer un poireau magique.

Posté par Elfae à 12:14 - Liens. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Gyrm, Saison II, Episode I.

Gyrm !

Les Elfes dansaient autour de lui, agitant leurs jupes qui venaient parfois lui effleurer le nez. Mais il avait seulement envie d'éternuer.

— Gyyyrm !

Elles scandaient son nom avec application, comme si c'était le mot le plus divin de toute la création. Et c'était le cas, n'est-ce pas ?

— Gyyyyrmmm !

Le nain commençait à se dire que quelque chose ne tournait pas rond. D'abord, que faisait-il ici, entouré d'Elfes qui semblaient toutes folles de lui ? (Ça aurait été des naines, il ne se serait même pas posé la question, et n'aurait pas seulement eu envie d'éternuer.) Et ensuite, pourquoi avait-il un choux dans les bras ? Assurément, ça n'était pas normal.

— GYYYRRMMM !!

Hum. Il avait la très nette impression de connaître cette voix. Voyons voir... il se concentra. Fort. Très fort. Très très fort.

— Aiiiieuh !

Il était tombé du lit et avait atterri sur son nez, ce qui expliquait son cri de douleur. Même un robuste nain a mal quand on lui tape sur le nez ! (Même vous vous auriez mal, alors rigolez pas !) Bon. En même temps, ça expliquait tout le reste. C'était un rêve ! Content d'avoir élucidé ce mystère, il tendit la main vers la chope de bière qui se trouvait sur sa table de nuit. (Gyrm est un nain, vous vous souvenez ?)

— GYYYYRRMMM tu réponds oui ou non ?!

Le nain sursauta et regarda la chope d'un air soupçonneux. Non, il n'avait encore rien bu, elle était forcément innocente. Alors qui....

— Oui, je suis là, déclara le nain à voix haute en se sentant parfaitement idiot. Qui me parle ?

— Moi, évidemment, répondit la voix d'un ton sec. Tu t'attendais à qui, le dieu de la bière ?

— Euh, pour être tout à fait honnête, répondit Gyrm, je n'ai pas l'habitude d'avoir une voix dans ma tête.

— Les Elfes peuvent faire ça, tu sais. Et Raux-Orh m'a gentiment assisté dans mon sort de Communication pour que je puisse te contacter.

— Haaaa... euh... quoi qu'y n'y a alors ? grogna le nain, toujours perplexe.

— Nous avons besoin de ton aide. Le CDFELMNC a rencontré un problème, nous pensons que tu pourras le résoudre.

— Le QUOI ? s'étrangla Gyrm.

— Je t'expliquerai ! s'impatienta Naëlia. Tu veux bien venir, oui ou non ?

Gyrm songea que la fréquentation de Kalagan avait sérieusement entamé les bonnes manières de l'Elfe. Puis il songea à sa réserve de bière qui avait drastiquement diminué. Puis il songea à ce qu'il avait fait ces dernières années (c'est-à-dire rien). Peut-être était-il temps de replonger dans le bain de folles aventures.

— Alors ?

— Plouf, répondit Gyrm.

— Ce qui signifie ? interrogea Naëlia sans comprendre.

— Que j'arrive, par ma barbe et mes chaussettes ! (Très important les chaussettes, car plus Gyrm vieillissait, plus il avait froid aux pieds.)

Il commença à rassembler ses affaires (bière, hache, et bière), se préparant à un long voyage vers la forêt elfique. Naëlia le stoppa net :

— Raux-Orh va te téléporter.

Gyrm poussa un soupir. Où était passée l'aventure ?

— Il peut faire ça, maintenant ? demanda-t-il, dubitatif.

— Oui, il m'assure pouvoir le faire sans disperser trop de toi-même au passage.

Ha, bah elle était là !

— Bon, très bien, marmonna Gyrm.

Il entendit un léger Poc, eut l'impression que tout ses organes se déversaient au dehors de son corps, puis qu'ils le réintégraient de mauvaise grâce, et il contempla le visage de Naëlia.

— Oh, dit-il pour tout commentaire.

— Oh ? fit une voix dans son dos. C'est comme ça qu'on dit bonjour à ses vieux amis ?

Gyrm se retourna et adressa un sourire à Kalagan.

— Holà vieux bouc ! s'écria-t-il. On dirait que t'as pas pris une ride !

Kalagan leva un sourcil.

— Inutile d'en faire trop, hum.

— Mais, c'est vrai ! s'étonna le nain, oubliant la politesse. Ça fait quand même... euh..

— 20 ans, indiqua l'Humain.

Gyrm lui jeta un regard soupçonneux.

— T'étais pas censé vieillir, toi ? 20 ans c'est beaucoup pour quelqu'un de ton espèce...

— Je t'expliquerai tout ça plus tard, éluda l'archer.

Le nain hocha la tête. L'instant d'après, il se retrouva étouffé par une immense chose verte, et une langue rose lui lécha la figure.

— Plooonk si content revoir amiiii !

— Wouuuuf !

— Oui Plonk, moi aussi, gargouilla-t-il difficilement. Si tu pouvais me laisser respirer...

— Plonk ouiii !

L'orc recula d'un pas, le chien s'assit à ses pieds et Gyrm s'empressa de se dégager.

— T'as grandi, non ? remarqua-t-il quand il le détailla du regard.

Plonk prit un air coupable.

— Ce n'est pas grave Plonk, tout le monde sait que ce n'était pas ta faute, intervint Naëlia.

— Hein ? voulut savoir Gyrm.

— Je t'expliquerai ça aussi, lui chuchota Kalagan.

Gyrm grogna encore, puis changea de sujet :

— Alors euh... c'quoi le problème au juste ?

— Hé bien... il vaut mieux que tu vois par toi-même... indiqua Naëlia.

Elle se dirigea vers une clairière ombragée, (j'ai oublié de préciser qu'ils étaient à terre, et non dans les arbres, sinon Gyrm n'aurait pas autant fait de blagues, et aurait immédiatement demandé à descendre) et Gyrm, Kalagan et l'orc et Wouf la suivirent. Au fur et à mesure qu'ils approchaient, Gyrm sentit une odeur lui chatouiller les narines. Une odeur de...

— Voilà, déclara Naëlia en désignant du doigt les immenses choux qui poussaient dans la clairière.

— Bah... c'est quoi le problème ? fit Gyrm. Ils ont l'air très bien, ces choux ! On en mangerait...

Un Scrunch lui répondit. Plonk mettait en pratique sa théorie.

— C'est justement ça qui ne va pas, déplora l'Elfe. Ces choux sont cultivés par les membres du CDFELMNC. Autrement dit, le Comité Des Fruits Et Légumes Magiques Non Comestibles.

— Ha, dit Gyrm. Donc.... on ne devrait pas les manger ?

— Ils ne devraient pas être comestibles, expliqua Kalagan. Or ils le sont.

Gyrm leva les bras au ciel.

— Quel problème de taille ! Vous avez vraiment besoin d'moi pour l'résoudre, hein ?

L'Humain et l'Elfe regardèrent soudain Plonk avec un grand intérêt.

— Bon, j'ai compris. J'vous manquais, alors z'avez inventé un prétexte pour m'voir rev'nir. Ptet même que ces choux ont toujours été mangeables !

— Non, contra l'Elfe, c'est un vrai problème. Mais il n'est pas faux que... hem...

— Oui ? fit Gyrm en inclinant la tête sur le côté sans quitter Naëlia des yeux.

— Tu nous manquais, oui ! termina Kalagan. Et puis, nous voulions te présenter quelqu'un.

— Ha bon, qui ça ? s'étonna le nain. L'ogre de la forêt ?

— Ogrrreuh copain, remarqua Plonk en terminant son 12 ème choux.

La réponse parvint à Gyrm sous la forme d'un tourbillon violet. Le nain se retrouva couché sur le dos sans rien avoir pu faire. La créature juchée sur son ventre lui sourit de toutes ses dents.

— Oncle Gyyyyrmmm ! s'exclama-t-elle.

— Hein ? fit celui-ci.

— Gy-gy-gy-gyrrrm ! continua la créature en se frottant contre sa barbe.

— Gneuh... renifla le nain.

— Lylia, je te présente Gyrm, le nain, commença Kalagan.

— Gyrm, voici Lylia, notre fille, termina Naëlia avec un sourire.

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